Nous étions 15 participants pour cette première randonnée de l’année 2026 au départ de Malemort-du-Comtat. Malgré un temps très hivernal au départ de Sérignan (températures glaciales et violent Mistral) le temps en arrivant sur Malemort était beaucoup plus clément car le vent ne soufflait pas là-bas et un beau soleil hivernal nous a accompagnés toute la journée.

Les textes en italique sont issus d’informations glanées sur Internet.

Malemort-du-Comtat

Autrefois nommé Malemort-les-Fontaines en référence à ses nombreux points d’eau alimentés par des sources, le village détient un riche patrimoine historique remontant au Néolithique. Trois portes donnaient accès aux anciens remparts dont une tour subsiste. La grande « Porte de la République »  du XIIème siècle, surmontée d’un fronton pour le bicentenaire de la Révolution, marque l’entrée principale du village. Sur la place se trouve une belle fontaine à mascarons datant de 1787 ainsi qu’un lavoir un peu plus ancien, et un second lavoir et sa fontaine du XIXème siècle se trouvent à la porte Saint-Félix. Le village tient sa renommée de ses cultures de vignes, oliviers et cerisiers. Chaque année, le dernier dimanche de juin a lieu la fête du terroir et de la cerise.

Après avoir garé nos voitures en bas du village nous avons commencé notre randonnée en empruntant le parcours de la Gariguette bordé de nombreuses bories.

Les bories de la Gariguette

Ce n’est pas moins de 21 bories croisées sur ce joli parcours en boucle de 4,5 kilomètres. Véritable inventaire mené par une poignée de passionnés, ce circuit est un témoignage éloquent du patrimoine rural avec ses cabanes en pierre,  ses bories et autres bancaous (cultures en terrasse). L’architecture en pierre sèche est l’un des premiers patrimoines bâti par l’homme dès la préhistoire. La technique dite « maçonnerie à pierres sèches » concerne la réalisation d’ouvrages en pierres appareillées sans recours à un quelconque mortier ou liant, son usage est agricole, pastoral et d’habitat.

Notre parcours s’est poursuivi sur un agréable sentier qui nous a mené jusqu’à un premier point culminant à 435 mètres d’altitude au niveau de la petite chapelle de Notre-Dame-des-Anges qui offre un magnifique point de vue sur la plaine comtadine et domine le village de Mormoiron, avec au loin Bédoin, le Mont Ventoux et à l’horizon les Dentelles de Montmirail.

Chapelle de Notre-Dame-des-Anges

Cette chapelle du XVIème accueillit 13 ermites pendant l’épidémie de peste en 1630. Sa tour est couronnée d’une statue de la vierge de la fin du XIXème siècle.

Nous sommes ensuite redescendus vers la plaine en empruntant un sentier boisé puis une piste alternant entre vignes et pinèdes. Nous avons longé une goudronnée sur une centaine de mètres et sommes passés juste à côté (mais sans vraiment la voir car le remblai qui la borde en masque le trou béant) de la carrière de gypse de Malemort.

Carrière de gypse de Malemort

Depuis 1924 le gypse (utilisé dans la fabrication du plâtre) est extrait de la plus grande carrière à ciel ouvert d’Europe, à Malemort-du-Comtat. À force de creuser puis de remblayer la terre pour en extraire le gypse un relief s’est formé autour de la carrière. Cette bosse dissimule un gouffre béant d’où sort, jour et nuit, une roche striée blanche et grise, enfouie à des dizaines de mètres sous la terre. Concassée, la roche est ensuite transportée vers une usine de Carpentras où l’on fabrique le plâtre.

Il était un peu plus de midi quand nous avons fait la pause repas au bord d’une petite route, non loin de cette vaste carrière. Nous avons partagés un vin chaud et des parts de cake salé, puis quelques douceurs en fin de repas mais nous ne sous sommes pas attardés car malgré le soleil la température était encore bien basse pour cette heure médiane. Après le repas nous avons parcouru un sentier de découverte tracé au milieu de nombreuses restanques puis sommes arrivés au second point culminant de notre randonnée, à 400 mètres d’altitude, au niveau du village de Blauvac.

Blauvac

Perché sur une arête calcaire depuis le XIIème siècle, Blauvac offre de superbes points de vue sur le Mont Ventoux au nord et les Monts de Vaucluse au sud. Un oppidum celto-ligure à flanc de colline témoigne d’une présence ancienne remontant au-delà du Néolithique et un imposant château avec tours rondes et cour intérieure domine les habitations et l’église Saint Sébastien

Encore quelques kilomètres en descente puis nous sommes revenus à Malemort après avoir parcourus un peu plus de 18 kilomètres et grimpé près de 500 mètres de dénivelé cumulé. Nous avons repris la route en voiture et nous sommes arrêtés dans un joli bar (très authentique) de Mazan pour trinquer autour du verre de l’amitié et partager de nouvelles douceurs apportées par quelques randonneuses.

Merci encore à Annette pour l’organisation de cette belle randonnée !

Philippe Denize